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On le subodorait mais les statistiques sont sans appel : la baisse structurelle du taux de départ en vacances des Français s'est accentuée l'an dernier avec la crise, selon le dernier baromètre de l'agence de voyages en ligne Opodo, réalisé depuis sept ans par le cabinet d'études Raffour Interactif. Il a en effet régressé de 2 points par rapport à 2008, à 56 %, soit une diminution en un an de 1 million -à 29 millions -du nombre de personnes (quinze ans et plus) parties en longs séjours -au moins 4 nuits consécutives -marchands ou non et/ou en courts séjours marchands. De fait, alors que la population potentiellement concernée s'est accrue de 2 millions depuis 2003, le nombre de Français effectivement partis s'est simultanément réduit de 3,2 millions…

En outre, les inégalités se sont encore creusées l'an dernier, les CSP+ constituant la seule catégorie dont le taux de départ a progressé (+ 3 points, à 81 %). Celui-ci a fléchi de 1 point, à 55 %, pour l'ensemble employés-ouvriers-professions intermédiaires, le gros des « bataillons » de vacanciers (12,9 millions de personnes), et a même plongé de 18 points, à 50 %, pour les artisans et commerçants. Ces dernières professions sont toutefois, rappelle le PDG de Raffour Interactif, Guy Raffour, « très réactives » à la conjoncture. Pour autant, partir en vacances reste un « besoin vital » pour plus d'un Français sur deux (55 % des actifs partis en vacances, + 1 %), d'où des arbitrages et des sacrifices, souligne l'expert. Bonne nouvelle dans ce contexte, mais qui reste à confirmer, 37 % des Français affirment disposer d'un peu, voire plus et même beaucoup plus de moyens à dépenser pour leurs vacances d'été 2010, 45 % déclarant leur budget stable, selon une étude publiée hier par Benchmark Group.
L'« e-tourisme » décolle Par ailleurs, le dernier baromètre d'Opodo confirme l'inexorable montée en puissance de l'« e-tourisme », la crise apparaissant même comme un phénomène amplificateur, en raison notamment de l'exacerbation de la recherche du meilleur prix et du besoin de comparer. Ainsi, 51 % des Français préparent désormais leurs séjours grâce à Internet (+ 6 points par rapport à 2008) et plus d'un tiers (35 %, + 4 points) réservent en ligne, soit 1 million d'acheteurs supplémentaires et 10,2 millions au total. Ils étaient 4 fois moins nombreux en 2003 (2,6 millions) !
Signe des temps, alors que les voyagistes ont souffert l'an dernier, Frédéric Vanhoutte, le président de l'association professionnelle Level…com, qui regroupe l'essentiel des acteurs français de la vente de voyages en ligne, fait état d'une croissance cumulée de plus de 20 % pour ses membres, soit un volume d'affaires de l'ordre de 6 milliards d'euros. Et, pour ce dernier, une nouvelle donne est annoncée avec le recours à la téléphonie ainsi qu'à l'Internet mobile et l'explosion des réseaux communautaires.
Source: CHRISTOPHE PALIERSE, Les Echos
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