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Que l’on se rassure, le titre est une supposition astucieuse émise par Frédéric Van Houtte, Président de Level.com, que nous avons rencontré durant Top Résa. Level.com est fortement impliquée dans la construction de la future Fédération des Métiers du Tourisme et il nous a semblé intéressant de recueillir les propos de son Président.
«Il y aura forcément une Confédération. Level.com a été créé en 2002 avec quelques membres fondateurs qui craignaient que l’e-commerce ne soit pas bien compris et nous avons voulu défendre une position, principalement vis-à-vis des compagnies aériennes et leur baisse de commissions. Nous avons voulu défendre des positions qui, à l’époque n’étaient pas défendues par le Snav, ni par Jean-Pierre Mas, Président de la Commission Air du syndicat. A l’époque, nous avions indiqué à Air France que nous étions des agences de voyages comme les autres et, grâce à Level, nous avons obtenu le même taux que les agences « traditionnelles ». Nous avons par la suite accueilli dans notre organisation quelques membres supplémentaires. Et puis, approchés par le Ceto et l’Udiv, nous avons agréé le principe, en assemblée Générale, d’adhérer à un projet qui nous uni tous. Car il ne faut pas oublier qu’en étant isolé, on n’est jamais bon !
Syndicat Nouveau ?
Quant au projet d’union, on ne peut pas faire du neuf avec du vieux. Il nous a paru plus facile, plutôt que de réformer un Snav, ce qui aurait pris un temps énorme, de « mettre sur la table » tout ce que les uns et les autres pouvaient apporter et s’unir, afin de construire quelque chose de nouveau, où chacun aura sa place. Comme ce projet était piloté par le Ceto, qui, comme vous le savez, a envie d’exister par rapport au Snav, nous nous sommes dit que, s’il fallait tenter de rapprocher des acteurs qui ont un passif et de l’affect, on ne va pas s’en sortir. Le Toulousain, comme l’Africain du Nord a du tempérament ! Nous en avons donc conclu que, le plus simple était de bâtir quelque chose de nouveau. Et chacun apportera quelque chose. Je pense que nous avons bien fait. Maintenant il reste à confronter les projets, déterminer si ce sera une Fédération, une Confédération… Syndicat ou pas syndicat, on verra bien… c’est la technique ! Le tout, c’est de s’unir. Et nous y avons réussi. J’ai beaucoup joué les « petits postiers » entre les différentes organisations…
Les récentes prises de position de Denis Wathier ne risquent-elles pas de mettre en péril la future organisation?
C’est sûr que cela n’a pas aidé. Quand on a des égos, des personnalités, des adhérents, parce que je ne parle pas uniquement des hommes, je parle aussi de ce qu’ils représentent. Le Ceto est une belle organisation, derrière laquelle il y a des patrons. Des gens qui ont du caractère et qui sont très indépendants. Chez les pure-player, c’est pareil. Et je pense qu’au Snav, cela ne doit pas être différent. Le « coup » de Thomas Cook, ça n’aide pas. Mais, c’est du commerce et je pense que la position prise par Denis Wathier le regarde. Pour ma part, je n’ai pas envie d’entrer dans le « commerce ». C’est un épiphénomène. Il y a déjà eu des « coups », il y en aura d’autres… Que chacun fasse ses affaires comme il l’entend ! En revanche, si cela doit mettre en péril le véritable projet stratégique dont l’industrie a besoin, alors il faut tout arrêter ! Et restons cet agrégat de peuple désuni que l’on connait depuis des années et qui nous fragilise tous. Les hommes passeront. Mais il existe des entrepreneurs qui ont besoin de défendre leurs intérêts.
Unis certes, mais n’existe-t-il pas une volonté de prise de pouvoir des uns ou des autres ?
Non. Ce que nous avons essayé de faire dans la rédaction des statuts du projet de fédération, dans la branche des producteurs/loueurs, c’est-à-dire des opérateurs de voyages, nous nous sommes attachés à répartir les poids afin que chacun soit représenté et que chacun puisse peser. Aujourd’hui Level. Com pèse bien moins que ce qu’il pèsera dans cinq ans. . Nous avons anticipé ça. Le Ceto aujourd’hui, est très bien organisé. Mais les distributeurs physiques sont en perte de vitesse. Les industriels peuvent changer. Nous essayons d’anticiper tout cela mais en gardant l’idée qu’il faudra une représentativité forte pour ces métiers.
Et le grand sujet de la Présidence ?
Fera-t-on une Présidence tournante ? C’est possible, mais je ne suis pas trop pour. C’est mieux lorsqu’il y a quelqu’un qui a un peu de temps pour agir et si possible, j’aimerais bien quelqu’un qui soit aux affaires et qui, éventuellement, soit rémunéré.
Une Présidence Colson ou Chickli ?
Je pense que ce ne sera pas une bonne idée. Une présidence Snav ou une présidence Ceto demain, pourquoi pas. Mais aujourd’hui, il y a une relation très proche entre les deux, qui est palpable quand ils se parlent. Ils se respectent mutuellement, mais ils ont beaucoup de mal à avoir une relation constructive. Il y a beaucoup d’affect, ce que je trouve bien parce que cela rend les choses humaines, mais je pense que dans un premier temps pour cette organisation, émane une autre personnalité, du Ceto ou du Snav.
Ou de Level, par exemple ?
Non. Je n’ai pas le temps. Mais pourquoi pas un de mes adhérents, s’il avait le temps. Sincèrement, je prêcherais pour une présidence des opérateurs de voyages, mon candidat serait Nicolas Brumelot (Go Voyages, ndlr). Parce qu’il est producteur, distributeur, transporteur aérien. Parce qu’il est qualifié, apaisant, franc, honnête homme, convivial. Il est formidable, ce mec ! Et il est au Snav et au Ceto. Sincèrement, je prêcherais pour ça. Si c’était le Snav, je pencherais pour Christian Coulaud, parce que j’ai eu beaucoup de dialogues avec lui, il est très constructif et très écouté. Ce serait mon candidat du Snav. Au Ceto, je ne sais pas qui. Chickli est brillant, très politique, mais je pense que ce ne serait pas le meilleur signe à envoyer. Essayons au départ de ne pas donner de la prise à tout ce qui nous oppose !
Et vous ?
Moi non, je dois gagner de l’argent !
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